Société10.03.2017 Le digital révolutionne tout ! et même l’amour. Bonne nouvelle  ?

Le consommateur digital, consommateur augmenté, bénéficie d’une infinité de choix ainsi qu’une multitude d’outils pour choisir ce qui lui convient le mieux.

 

Pour choisir un repas à emporter, quand il n’y a même pas 5 ans, j’avais le choix entre les 3 restaurants de ma rue ou le livreur de pizza, je peux maintenant être livré chez moi depuis n’importe quel restaurant de ma ville. J’ai le choix du type de cuisine, de restaurant, mais aussi de service qui va me le proposer : Deliveroo, Allo Resto, Takeeateasy, ÜberEAT, Toktoktok, toqueville, pages jaunes resto, foodora ou encore resto in.

 

 

Un désir, un besoin, même à peine formulé aura 90% d’être répondu par une marque, un site, une application ayant déjà pensé à la réponse adéquate…tout cela à porter de main, ou de clic.

 

 

Faisons un pas en arrière et cherchons à comprendre les implications pour l’’individu d’un monde où tout est possible (ou presque), où les limites tombent imperturbablement comme de vieilles feuilles mortes, où le désir ne connaîtrait jamais de frustration.

 

Le paradoxe des applications de rencontre

 

Les applications de rencontres, comme l’iconique Tinder qui revendique 110 millions de téléchargements dans le monde, son aïeul Grindr spécialisé dans les rencontres homosexuelles, et la plus récente Happn pour ne citer que les plus connues, offrent un choix illimité jusque dans le domaine le plus intime qu’est la rencontre amoureuse.

 

 

Là où les sites traditionnels, Meetic et Adopte un mec systématisent la traditionnelle petite annonce (je dis qui je suis et ce que je recherche), Tinder multiplie les possibilités de rencontres, en apportant un sentiment de proximité pré-existante à la relation par la géolocalisation.

 

 

"Le bal du moulin de la galette" Renoir 1876, ou la rencontre « en vrai » avant l’apparition de Tinder
« Le bal du moulin de la galette » Renoir 1876, ou la rencontre « en vrai » avant l’apparition de Tinder

 

Mais les études montrent qu’en matière de construction de couple (durable et normé), le digital est loin de jouer ce rôle révolutionnaire de facilitateur.

 

 

Selon les Echos, seuls 9% des personnes ayant rencontré leur partenaire actuel entre 2005 et 2013 l’ont connu grâce à Internet. Loin des idées reçues, Internet n’est qu’en cinquième position pour faire des rencontres sentimentales après le lieu de travail, les soirées entre amis, les lieux publics et chez soi ou chez des amis.

 

 

Quand rencontre il y a, cela ne dure malheureusement rarement pas…Alors que 2/3 des utilisateurs de sites ou application de rencontre disent chercher l’amour, une petite minorité parvient réellement à construire une relation durable. Seuls 17% si on s’en tient au peu d’utilisateurs dont la relation suffisamment durable a abouti à la conclusion d’un PACS ou d’un mariage !

 

Internet aurait d’ailleurs plutôt tendance à fragiliser le couple….« la généralisation de la technologie semble avoir favorisé la banalisation d’un modèle de « sexe sans lendemain » et participer de l’émergence d’une  « hook up  culture » dans laquelle la sexualité est totalement dissociée de la conjugalité. »

 

 

 

 

Dépassés par l’efficience de nos outils, il semblerait que nous peinons davantage à construire des relations ou des projets durables.

 

 

En est-il de même pour notre relation aux marques ? Quelles sont aujourd’hui les conditions pour durer et s’installer dans la durée, comme un compagnon auquel on jure fidélité ?

 

Avenir en point d’interrogation pour les Lovebrands à l’ère de la « hook up culture » ?!

 

 

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