Société14.09.2016 E-santé : Kézako ?

La e-santé… ce mot nous est servi à toutes les sauces, mais au fond, que veut-il dire ? Regroupe-t-il tout ce qui touche à la santé connectée ? Ou en est-ce juste une composante ?

Commençons par le commencement (c’est toujours mieux non ?!) : c’est au tout début des années 2000 que la santé a commencé à se numériser, vous ne pouvez pas être passé à côté ! Je suis sûre que certains d’entre vous ont déjà pris un RDV chez un médecin via internet, non ? Eh bien il s’agit de e-santé…

La e-santé est le terme utilisé lorsque l’on parle de santé connectée au sens large. Il regroupe un certain nombre de sous-catégories :

–       la télémédecine, qui s’adresse aux professionnels de santé et qui peut prendre diverses formes : téléconsultation, télésurveillance, téléassistance et télé-expertise

–       la m-santé – terme apparu en 2005, il s’agit de la e-santé, mais reposant sur des dispositifs mobiles

–       la télésanté, qui regroupe la télémédecine et la m-santé

–       le Quantified Self – l’auto-mesure via des objets connectés, pratique très prisée des français

–       Nous pouvons aussi y associer la maison intelligente, une maison qui surveillerait votre état de santé – un concept encore très peu mis en avant malgré de grandes avancées.

Le marché de la e-santé représente une opportunité réelle pour les entreprises du secteur IT, avec une progression prévue en France de 4% à 7% par an pour atteindre 3,5 à 4 milliards d’euros en 2020 (selon Precepta).

 

Qui sont les acteurs qui permettent au domaine de la e-santé de se développer ?

 

Sans surprise, les poids lourds du secteur informatique se sont plongés dans le sujet, en créant notamment des branches dédiées à la santé connectée, et en développant des partenariats avec diverses sociétés.

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A travers Verily, filiale de la holding Alphabet créée en 2015, Google s’intéresse au secteur de la santé connectée avec, par exemple, des recherches sur des lentilles de contact qui vérifient le taux de glucose des diabétiques, des vêtements qui mesurent l’activité cardiaque, etc.

Google, toujours à travers Verily, s’est aussi lancé dans des partenariats :

–       avec Sanofi, en créant la société « Onduo », axée sur le diabète

–       avec GSK, via la co-entreprise « Galvani » qui s’intéresse à la médecine bioélectronique, i.e. implants sous cutanés

–       avec Johnson & Johnson, pour le développement d’un robot d’assistance à la chirurgie

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Le groupe IBM est aussi très présent dans le secteur

–       à travers des partenariats : une collaboration avec Pfizer pour le développement de solutions de télésurveillance pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson

–       mais aussi grâce à son système de calcul « Watson », qui s’intéresse à plusieurs domaines dont (évidemment) la santé. Un système complexe, mais dont la finalité est simple : offrir un support aux professionnels de santé, une IA permettant l’analyse d’images médicales, un tri des publications médicales selon les cas, etc.

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Quant à Apple, le géant se concentre sur les logiciels santé (des applis médicales de télémédecine).

 

Les entreprises du secteur médical se sont également lancées à la conquête de cette terre prometteuse et font évoluer leur business model en y injectant de la connectivité et du digital.

 

Sanofi investit énormément dans la santé connectée, principalement à travers des partenariats, avec Google, mais aussi avec des startups, afin de créer des solutions nouvelles. C’est ainsi que sont nées les applis Mon Glucompteur, proposant un calcul du nombre de glucides dans un plat afin que les diabétiques puissent connaître la dose d’insuline dont ils ont besoin, et ArthMouv, un journal de bord de suivi de l’arthrose du genou. Le laboratoire est aussi très présent dans les salons axés e-santé : trophées de la santé mobile, l’université d’été e-santé.

 

Le laboratoire GSK n’est évidemment pas en reste. En plus de son partenariat avec Google, il se lance également dans la m-santé en développant des applis, tel que ‘Mon Asthme’ qui permet aux asthmatiques de consigner leurs épisodes d’asthme afin d’être en mesure de les partager ensuite avec leur médecin de façon plus précise et détaillée.

 

Bayer a, quant à lui, créé le programme « Grants4Apps Accelerator 2015 », qui soutient 5 start-ups par an, afin de favoriser l’innovation dans la santé numérique. Il a également développé des applis, dont Radio Héros, qui se présente sous forme de jeux et qui a pour but de rassurer les enfants avant un examen radiologique.

 

Une révolution qui ne se limite pas aux seuls acteurs tech et pharma. De nombreux autres ont décidé de surfer sur la vague, comme les complémentaires santé et les assurances, qui commencent à proposer dans leurs contrats la prise en charge de certains objets connectés.

Quelles implications pour la relation patients/médecins ?

L’essor de la santé connectée représente un réel changement tant pour le corps médical que pour les patients. L’e-santé conduit à une modification du système médical en privilégiant la prévention et non plus la réaction. La relation patient / médecin est bouleversée et de nouvelles habitudes se mettent en place.

En France, le grand public reste encore frileux face à cette aventure digitale et se pose aujourd’hui une question légitime : qu’en est-il de la protection des données personnelles ? Un éclairage précis sur la sécurisation du secret médical et le caractère confidentiel des données personnelles devra être fait, afin de lever les derniers freins qu’ont les Français face à la e-santé.

 

Malgré ce besoin de réassurance sur la sécurisation, les médecins comme les patients restent cependant très favorables au développement de la santé connectée : 81% des médecins et 67 % de la population pensent qu’elle représente une opportunité́ pour la qualité́ des soins (1). La vente des objets connectés explose (2 milliards d’objets connectés seront vendus en France d’ici 2020 vs 3 millions achetés en 2013 (2)) et le nombre d’applis santé ne cessent d’augmenter (6000 applis en 2010 vs 100 000 en 2013 à l’international).

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Les exemples de développement du secteur de la e-santé ne manquent pas, nous sommes face à un marché aujourd’hui incontournable et dont le potentiel semble définitivement infini !

Vous avez envie d’en savoir davantage ? la suite au prochain épisode 😉

buzz
(1) Baromètre santé 360 – La santé connectée, Odoxa, janvier 2015
(2) Etude GFK