Société05.10.2017 La mobilité de demain – entre fantasmes et réalité …

Le monde de l’automobile est en pleine transformation. Après la France et le Royaume-Uni, c’est au tour de la Chine d’indiquer son virage vers la fin de la commercialisation des véhicules à combustibles fossiles. Du côte des constructeurs c’est Volvo qui ouvre le bal avec l’annonce en juillet dernier de sa volonté de se concentrer uniquement sur le lancement de véhicules hybrides, avec une échéance 2019 pour le tout électrique. Suivront à quelques jours de l’ouverture du salon de l’automobile à Francfort, les annonces de BMW, Jaguar, Land Rover et Volkswagen… Une ambition qui soulève de nombreux freins, se résumant bien souvent au problème classique de l’œuf et de la poule. Ainsi la généralisation du véhicule 100% électrique suppose un vaste réseau de bornes de recharge, mais le nombre de véhicules est encore trop faible pour justifier le déploiement des bornes à grande échelle…

 

Les mutations de l’autonomie n’est que la partie visible de l’iceberg. La mobilité et les modes de déplacement connaissent une évolution rapide et profonde, sous l’effet conjugué des modes de vie, des enjeux environnementaux, des contraintes budgétaires et de la révolution numérique. Dans les airs, sur l’eau, ou dans un tube propulsé à la vitesse du son, les acteurs de la mobilité repoussent les frontières de la ville et explorent de nouvelles voies de passage pour désengorger les routes. Tour d’horizon de ces nouvelles formes de mobilité, entre fantasmes et réalité.

 

Les prospectives de la mobilité privilégient trois scénarios : l’hyper-mobilité, l’alter-mobilité, et la proxi-mobilité.

 

L’hyper-mobilité

Cette approche de la mobilité s’inscrit dans la continuité des tendances actuelles, où la vitesse fait gagner de l’espace. Ainsi pour répondre à nos habitudes de vie mobile, désormais peu réversibles, Hyperloop One propose des voyages à la vitesse sonique, grâce à une capsule de transport lancée à 1200 km/h dans un tunnel à basse pression.  Une nouvelle modalité de transport qui permettrait de faire Paris – Marseille en 40 minutes, sans quitter le sol ! Un projet industriel imaginé en 2013 par Elon Musk, qui a séduit la SNCF, l’entreprise ferroviaire ayant investi en mai dernier dans celle-ci. Le premier prototype a été testé en août dernier dans le désert du Nevada.

- les derniers visuels de l'hyperloop révélé par l'agence de design Priestmangoode lors du London Design Festival
– les derniers visuels de l’Hyperloop révélés par l’agence de design Priestmangoode au London Design Festival

 

L’alter-mobilité

La démarche consiste à repenser les déplacements en tenant compte des attentes du consommateur digital en termes de collaboration, de partage et de meilleure prise en compte des enjeux environnementaux. Il s’agit de penser des modes de transport plus vertueux et respectueux.

C’est dans cette veine que s’inscrit la mission de décongestion urbaine de Sea Bubbles : « Make the cities flow again ». L’entreprise devrait lancer sur la Seine ses premiers « taxis volants » au printemps 2018. Certifiés « zéro émission, zéro vague, zéro bruit » ces bateaux se maintiennent à quelques 50 cm au-dessus des vagues, grâce à la vitesse et aux « foils », sorte d’arcs en fibre de verre. Ces étranges bateaux futuristes se présentent comme une alternative aux taxis traditionnels. Les utilisateurs pourront les commander grâce à une application mobile et seront invités à se rendre sur les pontons, énergiquement autonomes, disposés sur les quais de Seine. Prévus avec des chauffeurs pour les débuts, ces taxis volants devraient rapidement devenir autonomes. Plusieurs villes comme Marseille ou encore Londres, San Francisco et Singapour réfléchissent à la manière d’implanter ces bubbles sur leurs plans d’eau.

 

Une autre solution envisagée consiste à prendre de la hauteur en passant par la voie aérienne. A bord d’un drone taxi à taille humaine par exemple. Conçus par Ehang 184, ces drones pourraient emmener un passager sur des trajets interurbains n’excédant pas 50 km, le tout en survolant les bouchons à l’heure de pointe. L’entreprise chinoise vient de s’associer à la ville de Dubaï pour lancer un premier service commercial de drone taxi. Un concept de drone de transport sur lequel travaillent également Uber et Airbus, ce dernier venant de créer une division baptisée Urban mobility et espère présenter rapidement un prototype capable de transporter des personnes.

 

- source : Designboom
– source : Designboom

 

La proxi-mobilité

A chacun sa stratégie … A côté de ceux qui explorent de nouvelles voies, il y a ceux qui capitalisent et transforment ce que les citoyens et la ville leurs fournissent, via les données de la mobilité urbaine par exemple. Ainsi Citymapper lance en mai 2017, un nouveau service de « smart bus ». L’idée est smart : utiliser les données sur le trafic ou l’état des routes et ajuster le circuit des bus aux conditions de circulation. Autre exemple, l’application californienne SFpark a mis en place un système d’algorithme pour optimiser le parking à San Francisco. Le tarif des places fluctue avec l’offre et la demande, incitant les conducteurs à se garer sur des emplacements moins chers dans dans les zones les moins encombrées, désengorgeant par effet de cascade les zones les plus convoitées.

 

Au-delà des approches et des avancées en matière de sécurité et d’expérience, le transport de demain sera propre et s’appliquera à réduire collectivement notre empreinte écologique, à minima ! De nouvelles idées sont à découvrir sous peu avec Autonomy, « the urban mobility summit », le rendez-vous annuel des acteurs de la mobilité urbaine dont la deuxième édition aura lieu du 19 au 21 Octobre à Paris.